Le Vietnam se prête particulièrement bien à un itinéraire du nord au sud, ou l’inverse : le pays s’étire sur plus de mille cinq cents kilomètres, et chaque région a un rythme propre. Trois semaines suffisent pour en tirer l’essentiel, à condition de résister à la tentation d’ajouter une étape de plus à chaque fois qu’on ouvre la carte.
Étape 1 : Hanoï, quatre jours pour s’acclimater
Je commence toujours par Hanoï. La capitale mérite au moins trois à quatre jours : le vieux quartier aux trente-six rues, chacune historiquement dédiée à un artisanat, se parcourt à pied entre les scooters et les vendeurs ambulants. C’est aussi le meilleur endroit pour prendre le rythme du pays avant de s’enfoncer plus au sud — la circulation, la chaleur humide, la cuisine de rue, tout s’apprivoise mieux dans une grande ville où l’on peut toujours se replier vers un café calme.
Prévoyez une journée pour le lac Hoàn Kiếm et ses environs, une autre pour le quartier français et ses bâtiments coloniaux, et gardez de la marge : Hanoï se savoure lentement, pas en cochant une liste.
Étape 2 : Ninh Binh, la baie d’Halong terrestre
À deux heures de route au sud d’Hanoï, Ninh Binh offre un paysage de pitons karstiques émergeant des rizières, souvent comparé à la baie d’Halong version terre ferme — et nettement moins fréquenté par les grands groupes. Deux à trois jours suffisent pour une balade en barque à Tam Coc, une montée jusqu’au temple de Hang Mua pour la vue panoramique, et une soirée dans un village encore peu touché par le tourisme de masse. C’est l’étape que je recommande systématiquement à ceux qui n’ont pas le temps de descendre jusqu’à la baie d’Halong elle-même.
Étape 3 : Huế, respirer l’histoire impériale
Direction ensuite le centre du pays et Huế, ancienne capitale impériale sur les rives de la rivière des Parfums. La cité impériale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, occupe une bonne demi-journée à elle seule, et les tombeaux royaux disséminés dans la campagne environnante en occupent facilement une autre. Deux jours pleins suffisent, trois si l’on veut prendre le temps de louer un scooter pour rejoindre les tombeaux à son rythme plutôt qu’en circuit organisé.
Étape 4 : Hội An, la pause qu’on ne regrette jamais
Peu de villes vietnamiennes concentrent autant de charme que Hội An, ancien port marchand aux façades jaunes et aux lanternes de soie. C’est l’étape où je ralentis systématiquement le rythme : trois à quatre jours, entre la vieille ville classée, les plages voisines de An Bang, et éventuellement une excursion à vélo dans les rizières environnantes. Hội An se prête aussi très bien à la couture sur mesure, tradition locale toujours vivace — comptez une journée supplémentaire si vous comptez faire confectionner un vêtement. Le vieux quartier, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, s’illumine chaque soir de lanternes colorées, et la traversée à pied de la rivière Thu Bồn à la tombée de la nuit reste l’un des moments les plus photogéniques du voyage, sans qu’il soit nécessaire de payer quoi que ce soit pour en profiter.
Étape 5 : Hô Chi Minh-Ville, la fin de trajet énergique
Le contraste est total en arrivant à Hô Chi Minh-Ville, ex-Saïgon : circulation dense, gratte-ciels, marché Bến Thành, et une énergie qui tranche avec la lenteur du centre du pays. Deux à trois jours suffisent pour la ville elle-même, à quoi j’ajoute presque toujours une excursion d’une journée vers le delta du Mékong, à quelques heures de route, pour voir un autre visage du sud vietnamien avant de repartir.
Comment répartir les trois semaines
- Hanoï : 4 jours
- Ninh Binh : 2 à 3 jours
- Huế : 2 jours
- Hội An : 3 à 4 jours
- Hô Chi Minh-Ville et delta du Mékong : 3 à 4 jours
- Marge et trajets : 3 à 4 jours
Ce dernier point compte plus qu’on ne le pense : les trajets internes, en train de nuit ou en vol court entre Hanoï, Da Nang (porte d’entrée de Hội An) et Hô Chi Minh-Ville, prennent du temps réel et méritent une vraie marge plutôt qu’un enchaînement minuté.
Deux conseils qui changent le voyage
D’abord, ne pas tout organiser à l’avance : réservez les trajets longs (train de nuit, vol interne) mais laissez les hébergements des petites étapes ouverts, le Vietnam se prête très bien à l’improvisation de dernière minute. Ensuite, prévoyez un budget quotidien confortable pour la nourriture de rue — c’est souvent la meilleure cuisine du pays, et elle coûte une fraction du prix d’un restaurant pour touristes.
Un mot sur le climat, souvent sous-estimé quand on planifie un itinéraire aussi long : le Vietnam s’étire sur suffisamment de latitude pour que le nord et le sud connaissent des saisons différentes au même moment. Un voyage calé sur le printemps ou l’automne évite en général les deux extrêmes — la fraîcheur humide du nord en hiver et la chaleur la plus étouffante du sud en été — mais aucune période de l’année n’élimine complètement le risque d’une averse tropicale, à intégrer au rythme du voyage plutôt qu’à combattre.
Pour la partie administrative avant le départ, la rubrique vie pratique détaille les papiers à vérifier avant un long voyage, visa compris. Et pour d’autres itinéraires en Asie, la rubrique destinations & voyages reste le meilleur point de départ.
Trois semaines paraissent longues sur le papier ; elles filent vite une fois sur place. Mieux vaut sacrifier une étape entière que la découper en visites trop courtes qui ne laissent aucun souvenir net.







