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Arts et culture
« Sans histoire, le paysage est plat »
Le photographe japonais de renom Naoya Hatakeyama est l'invité de la première exposition temporaire 2010 du Centre Historique Minier de Lewarde. Il nous a présenté sa vision des terrils et du patrimoine minier avec l'exposition : « Les voici, colosses ».
Depuis 25 ans, l'artiste travaille autour de l'impact de l'action humaine sur la nature. Il a débuté au Japon sur des cimenteries et des carrières et a poursuivi en 2000 lorsque près de cent ans d'histoire minière se sont achevés à Ahlen, en Allemagne, avec la fermeture de la houillère de Westphalie, ouverte en 1902. Il s'inscrit dans une mouvance artistique plébiscitée par les photographes depuis les années 80, qu'il qualifie de « sublime industriel ». C'est donc tout naturellement qu'il a répondu présent à la demande du collectif Les Lieux, association de soutien à la création contemporaine menée par 2 frères passionnés d'art, Renato et Mirando Casciani.
Un patrimoine minier universel et exceptionnel ? En vue de l'inscription possible des lieux au patrimoine mondial de l'Unesco, ces deux caractéristiques sont indispensables pour pouvoir prétendre au titre de « paysage évolutif ». Pour Naoya « il y a peu de lieux où l'on peut voir si clairement l'impact de l'humain. Il y a une taille, un volume, un impact, d'où le terme « colosses » ». Ce bassin minier est aussi exceptionnel car il est remarquable par la taille, avec ses terrils les plus hauts d'Europe, et sa durée avec 3 siècles d'activité.
Les fleurs du mal Comme un clin d'oeil à Baudelaire, l'artiste a su transcender un paysage souvent décrié en un esthétisme évident. Ces tas de déchets deviennent des décors rêvés, dont on ne sait de quelles contrées ils appartiennent. Naoya explique : « l'art permet de changer de regard, donner une vision différente à un paysage quotidien ». Les photographies n'ont pas de titre, car « elles sont universelles, pourraient être prises ailleurs. Le temps du questionnement et de l'interprétation est primordial. » Pris en hiver, l'air et la lumière rasante sublime les terrils, symboles de ces années de labeur, qui ont façonné le paysage. Si les clichés se focalisent sur la nature, sur la biodiversité fragile qui éclot de ces impressionnants colosses, l'aspect humain n'est pas négligé pour autant. Naoya le décrit poétiquement : « sans histoire, le paysage est plat ». Tout est dit.
Informations complémentaires : Jusqu'au 21 mars 2010 Jusqu'au 28 février, du lundi au samedi de 13 h à 19 h, les dimanches, vacances scolaires et jours fériés de 10 h à 19 h, du 1er au 21 mars tous les jours de 9 h à 19 h 30 Tarif : 5,90 € pour expositions temporaires et permanentes Lire son livre" La Houillère De Westphalie" , Editions Textuel, 53 €
Texte: Audrey WILLIART
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Philippe Geluck
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