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Arts et culture

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 Le premier lieu de découverte de l'exposition est inattendu mais particulièrement adéquat: le service des maladies infectieuses du Centre Hospitalier de Tourcoing! Le directeur de l'établissement approuve ce choix: «  Je suis heureux que les artistes/ la vie entre(nt) enfin  à l'hôpital! » . Un des professeurs du lieu corrobore ses propos :  «  l'art doit nous aider à promouvoir le dépistage et aussi à changer le regard sur la maladie. »


 Les premières étincelles

Le pouvoir de l'art, Hans Nefkens l'a depuis longtemps compris. Ce collectionneur hollandais a créé en 2006 la Fondation ArtAids,pour sensibiliser au problème du SIDA, combattre les préjugés et améliorer la vie des malades. Lui-même a appris sa séropositivité en 1987 et en a beaucoup souffert, mais reconnaît sa chance d'avoir eu les moyens de se soigner. Cela l'a poussé à apporter son soutien aux plus démunis : «  en nous unissant, nous créons l'antidote le plus puissant contre le virus ». Hilde Teerlinck, directrice du FRAC Nord-Pas de Calais, collabore à ce projet car elle été déjà engagée dans ArtAids à titre personnel. Le lieu s'est fortement entouré: «  le FRAC ne voulait pas qu'une seule exposition, mais différentes visions du sujet, d'où le partenariat avec différents lieux: hôpitaux, lycée et salles d'exposition ».



Village kids singing A. Rasdjarmrearnsook

 L'époque de l'ombre

Lumi Tan, la commissaire de l'exposition, a voulu montrer à l'Espace Carré «  les différentes stratégies mises en oeuvre par les artistes des années 80 pour parler du sida ».  La photographie est importante dans l'exposition, car elle permet de capter quelque chose qui va bientôt disparaître. Ainsi, Nan Goldin a photographié en 1992 deux de ses amis, Gilles et Gotscho, qui sont morts peu après. Le choix de la jeune commissaire s'est fait «  par l'aspect quotidien des oeuvres : films, affiches... » Ces supports étaient autant de moyens de toucher le grand public, quand bien même  le sujet était très tabou à l'époque.


 La problématique en lumière

A Tourcoing, le hall de l'hôpital abrite des oeuvres d'artistes reconnus qui ont eu trois mois pour travailler sur la thématique du sida. La Maison Folie de Moulins accueille quant à elle les photographies contemporaines d'Anna Katharina Scheidegger, qui a passé un  mois dans un hôpital psychiatrique. En Suisse, dont elle est originaire, le coude se dit «  os des fous ». Il est aussi pour tous une partie du corps invisible, inconnu. L'artiste a choisit d'en faire le sujet de ses photographies. L'artiste Medhi A. propose en ce même lieu une installation sur le thème du transfert. Des oeuvres thaïlandaises contemporaines rappellent que ce pays est dramatiquement touché par l'épidémie.



Hortense, A.K Scheidegger


 Une lumière à entretenir

Hilde insiste sur une installation dérangeante de l'artiste Patiroop Chychookiat, trouvant refuge au Lycée Montebello. Il s'agit pour les spectateurs de faire un test du VIH. L'oeuvre consiste en l'ensemble des résultats affichés dans une salle: «  cette oeuvre est essentielle car on se met dans la peau d'un séropositif pendant quelques heures ». Pourtant, sur 1000 élèves, seuls 3 ont fait le test! Preuve s'il en est que le dépistage n'est pas toujours pas une évidence.

 L'art contemporain a du pain sur la planche !


 Informations complémentaires :
Du 4 février au 21 mars
FRAC Nord-Pas de Calais
Tél: 03.28.65.84.20
info@fracnpdc.fr
www.fracnpdc.fr


Texte: Audrey WILLIART





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