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Transport
L´A 24 n´est pas un long fleuve tranquille...
Ce vendredi 2 avril l´embarcation « contre l´A 24 » était prévue au quai Vereboeckoven à Warneton-Belgique. Etrange localité coupée en deux par la Lys, village côté français, ville côté belge. Le temps était propice à la balade sur la riviére canalisée, qui marque ici naturellement la frontière. Avant de remonter à sa source, vers le Pas-de-Calais. Sur la péniche, les écologistes venus en association, « Cadre de vie » d´Houplines et « Protection et Valorisation du pays des Weppes » de Radinghem-en-Weppes d´un coté. Les élus verts francais des circonscriptions locales de l´autre, dont Marie Christine Blandin, en l´absence de Dominique Voynet (présidentielle oblige), avec les élus du Hainaut, de Flandre orientale et occidentale belge à leur coté. Les préoccupations contre les effets néfastes de l´A24 n´ont pas de frontières, sur le « Come in Europe ». Les associations ne veulent plus être « menées en bateau ». Seul à ne pas être vêtu d´un badge écolo (vert..), j´attends d´en savoir plus sur ces effets pervers de l´A24 sur l´environnement et le tourisme local.
Tous se succédent avant cela pour expliquer les alternatives au « tout auto » : les péniches (usant cinq fois moin d´énergies que le transport par la route) ne sont pas assez exploitées. La voie ferrée non plus (10% du transport !). Il ne devrait plus y avoir aucun projet d´autoroute selon eux... Pendant ce temps, la Lys offre toujours une belle réserve ornithologique et de belles plantes, issues du milieu humide, fait d´eau, de terre et d´arbres préservés. « Une biodiversité menacée par les travaux autour de l´A24 », confirme Philippe Mouton, responsable des bas prés humides de la Lys. Autre problématique, la gestion de l´eau... Les zones de champs captants en eaux sont en danger, avec la pollution des nappes phréatiques. Quand on sait que les Weppes sont un des poumons verts de la métropole... La richesse en terme de marécages est forte, du côté de Comines par exemple, ou un bras de la Lys n´est encore pas exploité pour les touristes. On commence à réinsérer des poissons dans la Lys mais ce n´est que la surface imergée de l´iceberg : la pollution met trente ans pour atteindre les nappes.. Les eaux souterraines continuent donc à se dégrader.
Remontons à la surface. L´avis de Slimane Tir, conseiller LMCU pour les Espaces Naturels Métropolitains est sans équivoque : le récent prix décerné aux paysagers de la Deûle pour la restauration du parc Mosaic ne devrait pas en être un. Cette réhabilitation du parc de la Deûle, espace naturel, ce « n´est qu´une victoire contre l´urbanisation, on est revenu à un état naturel des choses »... Au sens premier comne au figuré. L´enjeu est finalement de poser des limites à cette urbanisation. En ce qui concerne les friches industrielles de la Lys pouvant être réhabilitées , il y a matière, car elles se succédent le long du canal. La péniche passe en dessous du pont « frontière » du Badou, entre Houplines et Frelinghein, tout un symbole. Ici doit passer l´A 24, par la N58 belge. Sous le pont, une décharge à ciel ouvert qui s´est agrandie avec le projet A 24. au détriment de la zone humide. Les Verts mènent en fait une course contre la montre pour obtenir le classement des sites, comme « protéges ou remarquables » et ralentir ainsi l´implantation d´infrastructures nécessaires à la construction de l´autoroute. Le tourisme local, comme le tourisme intelligent de proximité, « au potentiel énorme » selon Slimane Tir, « est clairement menacé » . Que ce soit au niveau de l´offre de gîtes ruraux, ou du « circuit de fermes », qui valorise l´environnement rural, les paysages ou produits du terroir... La semaine du développement durable n´a jamais été aussi à la mode....
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Philippe Geluck
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