Les actus
Transport
Bataille d´élus autour de l´A24
Cela fait 35 ans que le projet de l´A24, devant relier Amiens à la frontière belge, fait l´objet d´âpres discussions entre ses partisans et ses réfractaires.
La question écologique, celle des tracés et de leurs nuisances, ainsi que le financement du projet, sont autant de problématiques qui retardent la création de l´autoroute et sont les objets d´affrontements parfois houleux entre les élus.
Fin octobre, un tracé était enfin choisi, après maintes tergiversations. Pour autant, les opposants restent mobilisés et pensent encore faire capoter le projet, à l´instar d´Yves Durand, député UMP maire de Lomme, qui vient de réunir il y a quelques jours les maires des communes de sa circonscription pour discuter d´une alternative à l´A24, alors que le ministre des transports, Dominique Perben, a demandé le mois dernier de poursuivre l´étude des détails du tracé décidé.
La future A24 traversera l´Armetiérois. C´est une variante du fameux "tracé historique" entre Béthune et Tourcoing, qui se raccorde à la N58 au niveau du pont de Badou, en évitant la métropole Lilloise. Moins coûteux, c´est aussi le tracé le plus court entre Amiens et la frontière belge, ayant cependant l´inconvénient de moins desservir la métropole et de moins encourager le report du trafic.
4 degrés de séparation
Manifestations et coups d´éclats d´élus marquèrent la longue réflexion autour du choix d´un tracé. Au départ, 4 tracés étaient en lice, dont deux passaient par la Flandre. Ils furent abandonnés en mars 2006 après que le ministre-président du gouvernement flamand, Yves Leterme, eut exprimé son refus catégorique de voir l´autoroute passer par Westhoek, pour des raisons environnementales.
Diverses manifestations se succédèrent toute l´année dernière, réunissant habitants qui s´opposaient aux nuisances sonores et visuelles qu´ils auraient à supporter, ainsi que les écologistes - rejoints par les communistes - qui militaient pour le développement durable, et donc pour l´utilisation de moyens de transport alternatifs (Canal Seine-Nord, voix ferrée).
Les socialistes, eux, sont partagés. Leur discorde avec les Verts à ce sujet fut d´ailleurs la raison de l´hibernation du projet pendant tant d´années, jusqu´à l´alternance de 2002 qui le remit sur le devant de la scène.
Des objectifs ambitieux
Les objectifs initiaux avancés aux début des années 1970 se sont vite élargis. Le désengorgement initial de l´A1 présenté comme l´objectif premier est désormais secondaire, puisqu´il ne concernerait que 6 000 des 50 000 véhicules qui empruntent l´A1 chaque jour.
Désormais, l´A24 a pour mission de compléter au niveau européen l´offre de transport de la région, et les liaisons entre les ports du Nord de l´Europe et la façade Atlantique, tout en améliorant les échanges de déplacement entre Amiens et Lille. Enfin, l´A24 doit permettre de fludifier le trafic dans la métropole lilloise.
Un financement toujours inconnu
Le problème du financement fait aussi parti des questions en suspens qui font le plus débat. En effet, quand Gilles de Robien , alors ministre des transports et maire d´Amiens, donne le feu vert à la création de l´A24, il donne son accord à la construction d´une autoroute privée à péage.
La question du financier se pose plus que jamais, puisque la Région et les deux Conseils généraux ont fait savoir qu´ils ne verseraient pas un seul euro dans le projet.
Or le coût de l´A24, en dépit du choix du tracé le moins onéreux, est quand même estimé à 1 milliard d´euros. Reste à savoir quelle entreprise privée acceptera de financer un tel projet...
Chronologie du projet:
- 15 décembre 2006: lettre du ministre des transports, Dominique Perben, à Marc-Philippe Daubresse, maire de Lambersart. Il affirme le projet et demande la poursuite de l´étude des détails du tracé.
- 4 novembre 2006: manifestation de 900 opposants à l´A24 à Lille.
- 26 octobre 2006: Choix d´un tracé, ce sera celui qui traverse l´Armentiérois. Un fuseau bis qui s´éloignera de la métropole à l´origine incluse dans le tracé historique.
- 2004-2006: concertations entre élus et associatifs pour le choix d´un tracé, émaillées de nombreuses manifestations (Bailleul, Radinghem, pont du Badou, Lille...).
- 17 avril 2004: Gilles de Robien, ministre des transports et maire d´Amiens, donne le feu vert à la création de l´A24.
- 2002: le projet, renommé LAALB (Liaison autoroutière Amiens, Lille, Belgique) est relancé et affirme des objectifs plus larges.
- 1970: naissance du projet de l´A1 bis, pour désengorger l´A1. Rebaptisé A24, c´est un point de discorde entre les Verts et le PS, il est donc mis en stand-by lors de l´arrivée de Marie-Christine Blandin à la présidence du Conseil régional.
Auteur: Emilie Iob
Source: VDN
|
Philippe Geluck
Ça vient de sortir
Le journal en ligne
|